Monsieur le Président de la République,
Alors que vous débutez votre mandat avec la promesse dâune gouvernance nouvelle dans ce pays, lâensemble des professions libérales françaises vous alerte, une fois encore, sur les dangers dâun décret concernant les placements financiers de leurs Caisses de retraite.
Les Caisses de retraite des professions libérales occupent une place particulière dans le système de retraite français. Elles gèrent à la fois un régime de base unique (similaire au régime général des salariés) et des régimes complémentaires spécifiques à chaque profession ou groupe de professions, ainsi que des régimes de prévoyance.
Leurs régimes complémentaires de retraite sont dans une situation financière saine, grâce à une gestion responsable, et gèrent dâimportantes réserves (plusieurs dizaines de milliards dâeuros) constituées à lâaide des seules cotisations de 1,2 million dâaffiliés.
Ces réserves, destinées à assurer lâéquilibre à long terme des régimes, contribuent pour une large part au financement de lâéconomie et à lâemploi, grâce à une proportion importante dâactions et dâobligations de grandes, moyennes et petites entreprises cotées en bourse et de sociétés non cotées.
Cette gestion financière est encadrée depuis 15 ans par un décret permettant dâobtenir un rendement significatif tout en réduisant les risques.
Or, un nouveau décret, élaboré sans concertation et contre lâavis unanime des Caisses mais aussi de la place financière, a été publié en urgence le mercredi 10 mai 2017 (décret n°2017-887 du 9 mai 2017). La signature dâun décret de cette importance, après votre élection et avant l'installation du nouveau Gouvernement, nous apparaît difficilement compréhensible.
En effet, ce texte, outre sa lourdeur et sa complexité, restreint considérablement les possibilités dâinvestissement de nos Caisses dans lâéconomie, notamment en limitant la proportion dâactions dans les réserves. La France peut-elle se priver de plusieurs dizaines de milliards dâeuros permettant de financer ses grandes, moyennes et petites entreprises ?
Nous avons cru comprendre durant votre campagne que vous ne souhaitiez pas agir contre une catégorie de Français, mais avec les Français, rompant ainsi avec les comportements qui ne devraient plus avoir cours dans la République que vous souhaitez construire.
Nous vous appelons unanimement à abroger ce décret et à lancer une véritable concertation pour obtenir un texte adapté et applicable dont nous ne contestons ni la légitimité, ni lâutilité.
Au moment où vous souhaitez faire souffler un vent nouveau dans notre pays, nous espérons, de votre part, une écoute favorable.
Je vous prie de croire, Monsieur le Président de la République, en lâexpression de mon très profond respect et de ma haute considération.
Jean-Claude SPITZ
Président de la CAVEC
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En tant que présidents des caisses de retraite des professions libérales, nous vous avons
adressé le 12 avril 2017, ainsi quâaux autres candidats à lâélection présidentielle, une lettre
ouverte concernant un projet de décret relatif à la gestion des placements des
régimes de retraite gérés par nos caisses.
Le Gouvernement persiste, en dépit de lâopposition unanime, tant des caisses que des
institutions financières impliquées, à vouloir publier ce texte avant sa prochaine démission.
Nous avons eu connaissance lundi 24 avril, sans consultation officielle, dâun projet légèrement
modifié soumis à lâavis du Conseil dâEtat.
Ce texte, outre sa lourdeur et sa complexité, restreint considérablement les possibilités
dâinvestissement de nos caisses dans lâéconomie, notamment en limitant la proportion dâactions
dans les réserves. La France peut-elle se priver de plusieurs dizaines de milliards dâeuros
permettant de financer ses grandes, moyennes et petites entreprises ?
Nous vous demandons donc dâune part, de condamner la méthode utilisée pour publier en
catimini un décret controversé en plein processus électoral et, dâautre part, de vous engager, en
cas dâélection, à faire réexaminer ce texte pour que nos caisses de retraite puissent continuer,
dans le cadre dâune gestion prudente, à apporter leur concours à lâéconomie française.
Nous ne manquerons pas de faire connaître votre réponse à nos 1,2 million dâaffiliés pour qui
les réserves de nos régimes contribuent, pour une part significative, au financement de leur
retraite.
Nous vous prions dâagréer, Madame, Monsieur, lâassurance de notre considération distinguée.
Les Présidents,
Claude Jaquet, CRN
Alain Géniteau, CAVOM
Thierry Lardenois, CARMF
Frank Lefèvre, CARCDSF
Monique Durand, CAVP et CNAVPL
Marie-Anne François, CARPIMKO
Gilles Désert, CARPV
Sylvain de Nombel, CAVAMAC
Jean-Claude Spitz, CAVEC
Philippe Castans, CIPAV
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Pour en savoir plus sur votre compte en ligne, vous pouvez visionner la vidéo ci-dessous.
Après avoir alerté le gouvernement le 9 mars dernier sur les graves limites du projet de décret relatif
à lâorganisation de la gestion des placements des régimes de retraite des libéraux, les membres du
Conseil dâAdministration présents à la CNAVPL le 30 mars ont donné, à lâunanimité, un avis négatif
sur ce texte Cet avis a été signé par lâensemble des administrateurs (pièce jointe).
Ces derniers alertent tous les libéraux des dangers dâun tel texte pour leurs retraites futures.
En effet, de nombreuses dispositions sont inapplicables et plusieurs vont obérer le rendement des
dizaines de milliards dâeuros de réserves, constituées exclusivement par les cotisations des
1,2 million dâaffiliés concernés, actifs et retraités. Bien plus, ce texte va à lâencontre des objectifs
recherchés de maîtrise et de couverture des risques.
Comme toutes les autres caisses concernées par ce projet de décret, comme lâensemble des
professionnels de la Place financière, les administrateurs de la CNAVPL demandent que ce texte soit
entièrement revu afin dâaboutir à un cadre réglementaire adapté.
Le conseil dâadministration de la CNAVPL a été saisi le 2 mars dernier dâune demande
dâavis sur un nouveau projet de décret qui devrait entrer en application au 1er juillet
2017. Sept mois après la première version, rien nâa changé ou presque, quelques
rares modifications ont été prises en compte, tandis que de nouvelles contraintes ont
été introduites. Le tout sans aucune véritable concertation. La mise en avant du
degré dâurgence est étonnante alors que lâIrcantec, la caisse de retraite
complémentaire des salariés de droit public, des agents non titulaires de la fonction
publique ou encore du personnel médical, régime visé par le premier projet présenté
en juin 2016, sort du périmètre dâapplication, sans quâaucune explication nâait été
fournie.
Ce projet de décret concerne les 10 sections de professions libérales de la CNAVPL :
Médecins, Dentistes et Sages-femmes, Vétérinaires, Pharmaciens, Kinésithérapeutes,
Infirmiers et Auxiliaires médicaux, Agents dâassurance, Notaires, Officiers
ministériels, Experts comptables, Architectes et Conseils. Ce texte concerne
également la Caisse du Barreau (CNBF), le RSI, la CRPN (personnel navigant), la
CRPCEN (Clercs et employés de Notaires), lâIRCEC (Artistes auteurs) et la Caisse
centrale de la Mutualité sociale agricole (MSA).
Ce projet de décret continue dâassimiler les caisses de retraite à des régimes
dâassurance-vie. En voulant calquer les modes de pilotage, ce projet nie les
spécificités des caisses de retraite et leur rôle dans le financement de lâéconomie
réelle.
A lâinverse du but recherché et largement accepté par nos institutions, plusieurs
dispositions prévues par le texte vont priver les régimes de retraite des outils
nécessaires à la maîtrise et à la couverture des risques. Certaines dispositions se
révèlent être inapplicables et / ou obèreraient le rendement des réserves.
Constituées exclusivement par les cotisations des affiliés, ces réserves représentent
aujourdâhui quelque 50 milliards dâeuros.
Les caisses de retraite libérales concernées par ce texte inutilement complexe,
préjudiciable quand il nâest pas inapplicable, ne peuvent accepter de telles
dispositions au détriment de leurs affiliés, actifs et retraités (1,2 million). Dans ces
conditions, lâOrganisation Autonome dâAssurance Vieillesse des Professions Libérales
a écrit au Président de la République, au Premier Ministre et aux ministres
concernés, pour demander le report de la sortie du texte qui est attendu depuis
début 2014. Ce report laissera le temps de lever les incertitudes, supprimer les
incohérences et corriger les points qui sâavèrent préjudiciables à une gestion
maîtrisée des réserves.